Quel pétrin !
Bel et bien fauché comme les blés,
il était dans le pétrin désormais !
Longue comme un jour sans pain
sa vie lui semblait peau de chagrin.
Maigre comme un clou, la mine bien blanche
pour se remplumer il avait du pain sur la planche.
Il lui fallait trouver un emploi pour casser la croûte
mais ne serait payé qu'une bouchée de pain, sans doute.
Il était vraiment las de ne jamais se sentir dans son assiette
d'entendre son estomac crier famine, voire même disette.
Il ne désirait pas devenir riche comme Crésus
mais manger son pain blanc, pauvre gus !
Il y'avait belle lurette qu'il cessait de bâtir des châteaux en Espagne
Cette vie misérable, sans blé en poche, était pire que le bagne.
Pour certains ça ne mange pas de pain de trouver du travail
mais pour d'autres, à mener, c'est une bien rude bataille !
Gagner son pain à la sueur de son front
c'était ce que désirait ce garçon.
Après le pain noir, le pain bénit
un gagne-pain, dignité de vie.
Brave et bon comme du bon pain
il n'aurait point commis de larcin
ni même demandé une obole
aux passants dans Paimpol.
Convenez que dans ses desseins rien n'était louche,
sans craindre de me retirer le pain de la bouche.
Il était simplement honnête et droit ce gars-là !
Honoré Meunier ne mangeait pas de ce pain-là !