Par ricochet
Vincent Van Gogh, 1889 - Banc de pierre à l'hôpital Saint-Paul
Je me souviens qu’il gelait à pierre fendre ce dimanche,
jour à jamais marqué d'une pierre blanche.
Installée, seule, sur mon banc de pierre
qui semblait dater de l'âge de pierre.
Il est devenu la pierre angulaire de notre relation,
et vers lui, souvent, nous retournons avec émotion
car depuis, nous détenons la clé du paradis, merci saint Pierre !
Nous en avions fini d'être tous deux malheureux comme les pierres.
Alors que j’y étais comme souvent à rêvasser,
un tailleur de pierres, devant, vint à passer.
C’est là que la première pierre de notre amour
fut posée, bien joli souvenir qu’encore je savoure.
Aurais-je pu résister à Pierre ?
Il m’aurait fallu un cœur de pierre
pour ne pas fondre sous son regard,
il était tellement beau et plein d'égards.
Quand il m’aborda il ne se heurta contre une pierre
désarmée j'étais, face à lui, sans lance-pierre,
à la place du cœur je n’avais pas une pierre,
comprenez, ne me jetez pas la pierre !
Le jour de mon anniversaire
il fit d'une pierre deux coups
en se mettant à mes genoux,
sa demande, me fît, très fier.
J’écoutais, heureuse mais altière
et ne restais muette, bien au contraire !
J'acceptais ne trouvant de pierre sur le chemin
qui pouvait compromettre notre heureux dessein.
Parée de pierres fines sur ma robe en dentelles
à la question du prêtre, devant la pierre d’autel
je répondis un oui qui fit le cœur de Pierre, chavirer,
persuadée que la pierre philosophale était alors trouvée.