À UNE PASSANTE

Publié le par Lyly Jane

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À UNE PASSANTE


Charles BAUDELAIRE

1821-1867

 
Tableaux Parisiens - Les fleurs du mal


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

 

 

 


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Caroline.K 26/04/2010 00:52



Une vraie petite merveille Lyly, "la douceur qui fascine, le plaisir qui tue". C'est le genre de scène justement qui m'inspire et démange mes petites mimines.


Un bon lundi et une bonne semaine à toi

Caroline



Jeanne Fadosi 17/04/2010 20:29



Evidemment, c'est vraiment un grand poète, il n'y a pas à dire ... Quelle puissance de suggestion, quelle harmonie dans les mots et la musique des mots ...



Nettoue 17/04/2010 16:47



Un poète assez souvent mal en lui-même, comme les plus grand


Bises à toi


Nettoue



india 16/04/2010 08:08



Mon ami Baudelaire..:). Dans ce poème il sait se tenir, donc Baudelaire : ten points ! Baudelaire : dix points ! Baudelaire : zehn punkte !


10 bisous Lyly, très bonne journée



:0014:dom 16/04/2010 06:42



J'adore !!!
Bonne fin de semaine ! Bisoux